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Les chasseurs à l'heure de la nature partagée

07/09/2018
HAUTE - SAVOIE
CHASSEURS 2

Les chasseurs à l'heure de la nature partagée

Les chasseurs vont faire leur rentrée ce dimanche 9 septembre. Des chasseurs qui ont été mis involontairement sur le devant de la scène lors de la démission de Nicolas Hulot, déclenchée par la présence d'un lobbyiste de la chasse aux côtés du président de la République.

 « La présence de lobbyistes de tous les bords, y compris au Parlement ou à l'Elysée, ce n'est pas une première. Et des réunions avec Thierry Coste (NDLR: le lobbyiste de la chasse), il y en a eu d'autres qui n'avaient pas choqué Nicolas Hulot jusqu'à présent ! Le ministre a démissionné pour d'autres raisons. Mais Nicolas Hulot était un anti chasseurs et son départ ne me fait pas de la peine…» justifie le président haut savoyard des chasseurs, André Mugnier.

Mais ce n'est pas le départ de l'ancien ministre de l'environnement qui préoccupe le plus les chasseurs. Le partage des espaces naturels devient ainsi de plus en plus problématique en Haute-Savoie. « Le nombre d'utilisateurs de la nature comme les randonneurs, skieurs, traileurs ou tout simplement promeneurs ne cesse de croître. Il faudra sans doute définir des règles de partage plus rigoureuses » souligne André Mugnier. Il cite au passage la multiplication des courses en montagne plus ou moins sauvages et pas toujours déclarées à temps. La fédération des chasseurs a d'ailleurs commencé à signer des chartes de partage de la nature avec le comité départemental de randonnée pédestre de la Haute-Savoie, avec celui du cyclotourisme et celui des clubs alpins et de montagne. « Un rapprochement avec la direction du comité départemental olympique devrait encore améliorer la concertation dans l'organisation des manifestations » indique le président Mugnier.

 

Le fusil de chasse fait encore peur

Philippe Arpin, directeur de la fédération départementale, le reconnaît : « C'est le fusil de chasse qui fait toujours peur au grand public».

D'où les initiatives de ces dernières années engagées par la fédération autour de la sécurité. « Près de 98% des chasseurs ont suivi une formation complémentaire et renforcée à la sécurité lors des actions de chasse en Haute-Savoie» promettent les responsables de la chasse. Le terrible accident de décembre 2015 près d'Annecy -un traileur avait été tué lors d'une battue aux sangliers- est encore dans toutes les mémoires. Le drame avait obligé la fédération à prendre des mesures rapides, comme l'interdiction de la chasse le dimanche après 11h30 dans certains endroits ou le lancement d'une application localisant les zones de chasse. L'interdiction de la chasse le dimanche était alors revenue sur le devant de la scène. À la fédération de la chasse, on est évidemment contre une mesure qui, selon elle, reviendrait à faire disparaître cette activité. « La chasse est ouverte aujourd'hui 90 jours seulement dans l'année. Sur les 290 000 hectares chassables" en Haute-Savoie, 90 000 hectares sont soit interdits de chasse comme les réserves, soit sont très sévèrement encadrés » réplique André Mugnier.

 Cette rentrée est aussi l'occasion pour les chasseurs de rappeler le rôle dans la régulation de la faune. De là à s’autoproclamer "premiers écologistes de France" ... il y a un pas, quelque peu provocateur, qu'a franchi la fédération nationale dans une campagne du pub.

Une initiative qui n'est évidemment pas du goût des associations environnementales avec, au bout, un risque de relancer la guerre entre elles et les chasseurs. Pas sûr que la fédération départementale s'en empare. « Nous travaillons avec les associations environnementales depuis longtemps. Certes, nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout. Mais nous avons un objectif commun qui est celui de la préservation des espaces naturels » confie Guillaume Coursat, chargé de mission chez les chasseurs du département.

Dominique CHEUL
 
> article tiré du Dauphiné Libéré du 7 septembre 2018
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