
De l’étage montagnard au subalpin, les espèces s’étagent des feuillus aux résineux, ces derniers se retrouvant particulièrement bas à la faveur des versants les plus froids. Les sècheresses vécues depuis 2003 ont sélectionnés les essences de manière drastique, par la disparition des résineux des versants les plus chauds et secs. Parmi les feuillus, le hêtre se rencontre rapidement, et constitue l’arbre de haut jet par excellence. Les érables et noisetiers sont très présents, remplacés progressivement par les sorbiers et aulnes verts en fonction de l’altitude. Les résineux comptent une diversité moindre : 2/3 épicéas et 1/3 sapins pectinés en moyenne. Le sapin est particulièrement apprécié du grand gibier, notamment en hiver lorsque les conditions limitent une prise alimentaire diversifiée. Le hêtre, par sa production de faines, constitue une réserve intéressante de nourriture pour la saison hivernale.
Les forêts de coteaux présentent une nette tendance au vieillissement, en raison des pentes qui rendent difficiles leur exploitation. Cependant, elles constituent des refuges sûrs pour la grande faune, qui trouve dans les prairies à proximité immédiate une nourriture riche et abondante. De plus, leur boisement hétérogène associé aux pentes accusées renforce ce rôle protecteur, en limitant l’intrusion des promeneurs.
Plus en altitude, la diversité se limite rapidement à quelques essences. La valeur biologique se retrouve dans le maillage entre les différents milieux créés par l’exposition, le relief et le climat, ainsi que l’aspect hétérogène de boisements d’âges différents. La futaie jardinée est le milieu le plus intéressant, car il peut accueillir de nombreuses espèces animales sur une surface réduite : gélinotte, pics, sanglier, chamois, cerf… En hiver, les arbres les plus âgés limitent l’enneigement au sol par la couverture de leurs branches, et protègent efficacement la grande faune par la nourriture qui reste à disposition, et par les déplacements facilités (bilan énergétique positif). En été, la régénération naturelle apporte le couvert protecteur nécessaire à la reproduction des espèces, tandis que le foisonnement végétal, ou mégaphorbiaie, procure une nourriture riche et abondante (framboisiers…).
Dans ces espaces montagnards en trois dimensions, les forêts trouvent une place naturelle, indispensable à la grande faune. Les chasseurs y trouvent leur principal terrain d’expression, accessible en toute saison.