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Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage

Le bocage et la plaine agricole

plaineL’ensemble des espaces situés en dessous de 800 mètres d’altitude constituait jusqu’à un passé récent un magnifique tissu bocager, lieu de vie d’une petite faune abondante et variée : lièvre, lapin, faisan, perdrix rouge, merles et grives, tourterelles et pigeons… Les espèces recherchent principalement les milieux de transition, que les haies illustrent à merveille. Chaque Commune disposait de plusieurs dizaines de kilomètres de haies, régulièrement entretenues pour le bois de chauffe, ou le bois d’œuvre (chêne, frêne) qu’elles produisaient. En parallèle, chaque exploitation agricole entretenait un verger de plein champ, milieu de prairie naturelle très favorable à de nombreuses espèces, chassables ou non.

Le bouleversement dans les pratiques agricoles a entraîné dès les années 60 une modification en profondeur de l’espace rural traditionnel : la mécanisation a nécessité une adaptation du parcellaire, et entraîné un arrachage régulier des linéaires boisés qui constituaient les limites de propriétés. A la faveur des échanges de terrains, ou des regroupements d’exploitation (cessation, GAEC), les haies ont été supprimées, de manière d’autant plus importante que le bois perdait de sa valeur (chauffage au fuel, marché du bois d’œuvre).

Actuellement, le bocage se maintient sur quelques secteurs du département, mais avec un maillage très large (Albanais, région des Usses, moyenne vallée de l’Arve, coteaux du Bas Chablais, plateau de la Borne). Les parcelles agricoles se délimitent plus par les boisements (boqueteaux, forêts, ravins) que par les linéaires boisés, et présentent un visage très ouvert où la monoculture herbagère domine.

Sur ces espaces nus, seul le lièvre et le renard parviennent à se maintenir, le premier à la faveur de règlements de chasse stricts (quotas), le second parce qu’il s’adapte à toutes les situations. La Fédération intervient au sein de la Commission Départementale d’Orientation Agricole (CDOA) pour engager les exploitants sur la voie de mesures plus respectueuses de la faune, de la flore et des paysages. Des politiques nationales développent ces aspects sur la base de Mesures agro-environnementales (PDRN), mais les mesures sont régulièrement remises en cause en raison des budgets qu’elles nécessitent : en effet, les exploitants peuvent engager des surfaces par contrat, dans une démarche environnementale soutenue financièrement par l’Etat et l’Europe.

Au niveau départemental, la Fédération des Chasseurs propose des conventions entre les exploitants et les ACCA pour appliquer des mesures de retard de fauche, ou d’abandon de bandes de cultures en faveur du gibier. Plus localement, la fédération s’est investie aux côtés des ACCA, comme à CHILLY, pour préserver le bocage et améliorer les conditions de vie du petit gibier par des accords avec les exploitants agricoles.

En plaine, l’avenir du petit gibier et de sa chasse passe nécessairement par une collaboration étroite entre les chasseurs et les exploitants agricoles.